PostHeaderIcon Syrie : émotion ou raison ?

Comme beaucoup, ma 1ère réaction face aux images de l’attaque chimique en Syrie a été :  « On y va, il faut intervenir, on ne peut pas laisser faire cela ».

Mais l’émotion, notamment en politique, est souvent mauvaise conseillère.

Une décision aussi lourde de conséquences potentielles doit être rationnelle à 100 %. Une intervention militaire apportera-t-elle plus de survie ou de destruction, à court, moyen et long terme ? En maîtrise-t-on toutes les conséquences ?

Syrie : émotion ou raison ?Faut-il ajouter des bombes aux bombes, des morts aux morts ?

Y a t-il vraiment les méchants d’un côté et les gentils rebelles de l’autre ?

S’il semble évident que des armes chimiques ont bien été utilisées, leur origine n’est pas prouvée à 100 %. et le risque d’une manipulation est bien réel.

Est-on bien sûr par ailleurs que le souhait de ne pas perdre la face, ou de soigner son image auprès de l’opinion ou de ses partenaires, ou encore celui d’avoir raison à tout prix n’ont strictement rien à voir avec la décision ? Qui va réellement profiter de ces frappes aériennes en Syrie, à part les marchands d’armes qui fournissent les 2 parties, et les marchands de chaos de tous poils ?

L’indignation doit nous inciter à chercher et à trouver des solutions politiques, par le dialogue quand il est possible, et par les pressions diplomatiques et économiques. Il faut démasquer ceux qui dans l’ombre tirent les ficelles de ce conflit qui ne se résout pas.

Mais la force, dans ce cas précis, me semble vouée à l’échec, et, dans tous les cas singulièrement hasardeuse. Un pari extrêmement risqué, non pas tant pour nous-mêmes, mais surtout pour les populations concernées.

Le problème syrien n’est pas le problème de la seule Syrie. Nous ne pouvons fermer les yeux sur ce qui se passe dans le monde. Nous devons et nous pouvons y faire quelque chose. Nous avons un devoir d’intervention, un devoir d’assistance à personnes en danger. Nous remplirons d’autant mieux ce devoir que nous le ferons de manière rationnelle.

Ariane Gauvain / octobre 2013

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